Jeudi 10 juillet 2008


J'entends souvent dire que l'immigration massive organisée aurait pour principal objectif une pression à la baisse sur les salaires des Français. A bien y réfléchir, je pense qu'il s'agit là d'une fausse bonne raison. En effet, depuis déjà longtemps les Français avaient accepté de voir leurs salaires baisser et étaient même prêts à faire ce sacrifice  pourvu qu'ils puissent conserver un emploi et ne pas se retrouver au chômage et dans la précarité (voir les nombreux exemples de ce type au moment des menaces de fermeture d'entreprises tout au long des années 80 et début des années 90). Il faut donc chercher ailleurs la raison de l'immigration et se demander de quelle façon elle profite à ceux qui en sont les organisateurs. Comme je l'avais déjà expliqué dans un article précédent, l'immigration massive permet de créer artificiellement une véritable armée de consommateurs. Je dis artificiellement puisque sans aides, sans allocations familiales, sans CMU, sans soins gratuits délivrés aux étrangers et aux clandestins, l'armée de consommateurs disparaît. Or, l'époque étant celle d'une consommation de masse, l'immigration répond parfaitement aux besoins gargantuesques des affairistes : vendre toujours plus. Sans s'étendre davantage sur cette motivation déjà évoquée précédemment, il est intéressant de se pencher sur une autre trop souvent oubliée, volontairement ou non.

Les patrons, les affairistes, les financiers, ont toujours vu d'un mauvais oeil l'émergence au fil de l'Histoire d'un monde du travail organisé, qu'il s'agisse d'ouvriers qualifiés dans le passé ou plus généralement d'employés dans les services ou autres secteurs économiques, bref de tous ceux qui étaient capables de s'unir par la reconnaissance d'un intérêt commun avec un langage commun pour exiger des conditions de travail meilleures, des hausses de salaire, un statut, une vie décente ...
La volonté de casser toute résistance à un capitalisme sauvage ne date pas d'hier, et c'est un mouvement sur le long terme. Toutefois, il n'en demeure pas moins que l'immigration est un formidable outil pour définitivement casser ces résistances. Pour définitivement anéantir toute opposition, aussi minime soit-elle.

L'immigration - la venue de millions de nouvelles populations sur notre sol - a entrainé une indéniable dégradation de tout ce qui avait permis au petit salarié ou encore à l'ouvrier qualifié de s'élever socialement. L'école s'est dégradée jusqu'à ne plus former maintenant que des analphabètes, l'insécurité est allé croissante, le travail est devenu précaire, les soins médicaux de plus en plus chers quand l'hôpital public se tiers-mondisait. Par le passé, l'école délivrait un savoir riche et complet qui permettait de savoir lire et écrire parfaitement, l'insécurité était quasi-inexistante, l'ouvrier disposait d'une réelle qualification qui le rendait indispensable à son métier, et tout cela permettait la revendication, la critique, le combat politique et social. Aujourd'hui où en sommes-nous ? Les nouvelles générations ne savent plus écrire correctement - l'école ayant failli à sa mission -, vivent avec un sentiment d'insécurité permanent - dans les transports ou à proximité de leur domicile - et sont souvent dans l'angoisse permanente de perdre leur emploi pour cause de restructuration ou de délocalisation, ce à quoi s'ajoute des difficultés financières croissantes. Evidemment, ces individus ne revendiquent plus rien, devenus beaucoup plus facilement exploitables et corvéables à souhait. C'est précisément le résultat de l'immigration !

Enfin, l'ouvrier français et l'immigré fraichement arrivé en France n'ont pas de points communs, de caractéristiques qui les unissent, pas d'expérience commune. Pour beaucoup ils ne parlent même pas la même langue, et les capacités d'expression et de communication sont plus que réduites. A cela s'ajoute l'absence d'une culture commune, d'un passé commun et je dirais même d'un futur commun. Alors que dans le passé les salariés qui luttaient ensemble pour leurs droits avaient conscience d'appartenir à un même destin, l'ouvrier (ce qu'il en reste), et plus généralement le travailleur aux revenus modestes en 2008, n'a rien à faire avec l'immigré. Avec un mouvement de culpabilisation savamment orchestré par les médias, il perd tout ressort et tout esprit critique, il s'efface politiquement devant le sort médiatisé des damnés de la Terre qui viennnent d'ailleurs, toujours d'ailleurs. Les organisateurs de l'immigration, les capitalistes affairistes et apatrides du XXIème siècle le savent.

Voilà, à mon avis, la principale raison de l'immigration.

publié dans : Politique de supermarché
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