C'est reparti, le sempiternel refrain sur le malheur des banlieues se fait de nouveau entendre. Le 'plan banlieues' de Fadela Amara, pourtant scandaleux, semble ne pas suffire à certains et voilà
que le Conseil Economique et Social, par l'intermédiaire du charmant Fodé Sylla, donne à son tour de la voix. Il faut aller plus loin, toujours plus loin, donner toujours plus.
Je n'ose faire ici l'énumération de toutes les politiques lançées en faveur des banlieues, ni des milliards d'euros déversés, entre autres à subventionner des associations de quartier inutiles.
Mais ces milliards n'ont servi à rien, si ce n'est à acheter une trêve plus que précaire. J'allais écrire acheter la 'paix sociale', mais le terme de 'trêve' convient parfaitement à la situation
que nous connaissons.
Les problèmes dans les banlieues - toujours plus fréquents, violents et intenses - n'ont absolument rien à faire avec le social. N'en déplaise à l'establishment politico-médiatique qui tente pour
le moment avec succès de tromper les Français en leur faisant prendre des vessies pour des lanternes. Il faut dire que l'arme télévisuelle contribue grandement à leur succès provisoire. Le problème
des banlieues n'a rien à voir avec un taux de chômage élevé, ni avec un soi-disant habitat dégradé et des conditions de vie désastreuses. Si l'école et ce qu'on y apprend encore n'intéresse pas les
populations immigrées des banlieues, ça les regarde. Quant à leurs conditions de vie, elles sont sans aucun doute de loin meilleures que celles qu'ont connues nos parents, grand-parents, arrières
grand-parents, etc. Et pourtant, eux ne fomentaient pas d'émeutes, eux ne brûlaient pas de voitures, eux ne détruisaient pas les écoles et les centres culturels. Avant que ces nouvelles populations
ne viennent les habiter, les fameuses 'cités' d'aujourd'hui étaient des endroits paisibles, propres, soignés et modernes. Si elles sont devenues ce qu'elles sont, à qui la responsabilité sinon à
ceux qui les habitent depuis quelques décennies seulement ?
D'ailleurs, certaines zones en France, certains coins de campagne, bien à l'écart des grandes villes et de leurs agglomérations, sont bien plus défavorisés que les banlieues. Et pourtant, ceux-là
n'ont droit à rien, à aucune aide, même pas à un bref reportage au JT de 20H. Peuplés de blancs inoffensifs, ils n'intéressent pas le pouvoir.
Une fois que nous nous sommes entendus sur ce que le problème des banlieues n'est pas, exposons maintenant ce qu'il est. Les problèmes dans les banlieues, les émeutes de 2005, et toutes les autres
moins médiatisées mais non moins inquiétantes, sont purement et simplement la révélation d'un choc culturel et civilisationnel. Les nouvelles populations immigrées des banlieues ne se sont pas
installées dans un souci d'intégration (leur nombre empêche d'ailleurs l'éventualité même d'une intégration) mais dans une logique de confrontation. Ils ne nous aiment pas, de même que nos valeurs,
notre culture, notre civilisation, ce que nous représentons, et entendent bien nous le faire savoir, bénéficiant d'une totale impunité. Ces délinquants sont parfaitement conscients de leur impunité
: ils brûlent des voitures à Villiers-le-Bel, pas à Neuilly, ni place Vendôme. A Neuilly et Place Vendôme, le risque de répression existe, pas à Villiers-le-Bel où ils peuvent parader et semer la
terreur sans crainte. Les émeutes dans les banlieues font partie de ce que l'Etat est prêt à accepter pour ne pas remettre en cause sa politique.
Gratuité pour le permis, coaching, facilités pour trouver un emploi, toutes ces mesures sont destinées à acheter la trêve. Pour combien de temps ?
Pour le moment, les Français demeurent sans réaction, comme résignés.
Pour le moment.