Wolton : "Si on en arrive à sortir des mots comme ça, faut comprendre pourquoi? Des hommes qui luttent dans un mouvement anti-discrimination, disent ça... c'est à dire
effectivement, comme on est dans une espèce de discrimination effrayante : il y a des français d'origine, des français de 1ère, 2ème, 3ème génération... c'est de plus en plus humiliant. Donc moi,
je comprends très bien que la bataille des mots, c'est une bataille pour poser une question politique, et ce mouvement a eu parfaitement raison, PARFAITEMENT RAISON [
légère hystérie] de
dire ça, parce que comme ça, ça lui permet de voir qu'il n'y a pas une catégorie de Francais quelles que soient les origines, mais comme par hasard, on continue de faire une hiérarchie entre les
Français blancs et les autres... donc dans la guerre de la communication politique qui passe par les mots, c'est une bonne manière de s'opposer à la hiérarchie, il n'y a pas plusieurs manières
d'être Français"
Premièrement :
Socialement et pénalement, la discrimination consiste à distinguer un groupe de personnes des autres, ET à lui appliquer un traitement spécifique sans lien objectif avec le critère qui sert à
distinguer le groupe.
Donc le fait de classer les français par groupe en fonction de leurs origines ne constitue pas une discrimination, puisque les hommes politiques distinguent ces populations dans le but de
résoudre des problèmes spécifiques liés de manière objective à leur condition d'immigrés naturalisés.
Pour Wolton, si aborder les problèmes d'un groupe constitue une discrimination et une humiliation, donc on ne peut pas parler des ouvriers et de leurs problèmes, ni d'aucun problème qui
concernerait un groupe en particulier.
Deuxièmement :
Il ne s'agit pas "d'une bataille des mots", ni "d'une guerre de communication politique", l'utilisation des termes "Français de 1ère, 2ème, 3ème génération" ne hiérarchise pas, mais
catégorise les français. Ces termes désignent une réalité et un ensemble de problèmes. Par contre l'emploi du terme sous-chien constitue une insulte, c'est une provocation inutile, qui peut
accroitre les tensions communautaires.
Présentateur : "C'est donc une provocation ?"
Wolton [énervé] : "C'est pas une provocation de tenir des propos sur les français de 1ère, 2ème, 3ème génération... c'est pas une provocation de dire vous êtes un
Francais issu de l'immigration... c'est pas une humiliation...
Non, utiliser "français de 1ère, 2ème, 3ème génération" n'est pas une provocation (cf ci-dessus), contrairement à sous-chien.
Présentateur : "Le problème est que ces termes sont souvent employés par des gens qui ne sont pas soupçonné de celà [sous-entendu: des gens qui souhaitent dévaloriser les immigrés, comme
des socialistes]"
Wolton: "mais... non, non, non, attendez... attendez, hélas, hélas, nous avons subi une lepénisation des esprits depuis 40 ans...La tragédie française est qu'elle n'est pas
fidèle à son modèle universaliste, c'est-à-dire qu'elle a continué à hiérarchiser les français blancs des autres, et par conséquent si on veut être universaliste, on est blanc de toutes les
origines... et donc par conséquent, quand on arrive à dire un mot comme "sous-chien", ça veut dire qu'il y a derrière en cause 40 ans d'humiliation"
"Une lepénisation des esprits" : de mieux en mieux... comme si le chef du PS ou de l'UMP avait subi un soi-disant lavage de cerveau médiatique pro-lepéniste.
"On est blanc de toutes les origines" : sans commentaire ...
"La France n'a jamais été fidèle à son modèle universaliste" : Il n'a jamais été précisé dans les droits de l'homme et du citoyen que tout étranger qui nait sur le sol français devient
français.D'autre part, si une théorie est inadaptée à la réalité, on change la théorie, on n'essaie pas d'adapter la réalité à la théorie comme Wolton le fait en permanence...